Le Président élu d'Haïti rejette les accusations de blanchiment d'argent, souhaite demander réparation

Publié le dans Joe Colas (author)

President-elect Jovenel Moise (left), Outgoing interim president Jocelerme Privert (right) (photo: )
President-elect Jovenel Moise (left), Outgoing interim president Jocelerme Privert (right)

 PORT-AU-PRINCE, Haiti (HCNN) --Le président élu d'Haïti a catégoriquement rejeté jeudi les accusations de blanchiment d'argent qui, selon lui, sont politiquement motivées; il a promis de demander réparation pour les dommages causés à sa réputation alors qu'il se prépare à prendre les rênes du pouvoir dans ce pays appauvri des Caraïbes.

 Jovenel Moise a déclaré que les accusations, portées contre lui, par une unité centrale de renseignements financiers (UCREF), étaient sans fondement et a annoncé que ses avocats et lui-même s'attelaient à faire en sorte que justice soit rendue et que des réparations soient obtenues de ceux qui ont tenté de ternir sa réputation.

 "Je peux vous dire que tout cela est sans fondement, c'est faux", a déclaré Jovenel Moise à HCNN dans une interview jeudi. "Comme vous pouvez le voir, ils ont falsifié des documents concernant un compte en gourde, ils disent que c'était en dollars", a dénoncé Moise qui a été élu président le 3 janvier.

 L'UCREF a basé ses accusations sur les prémisses que Moise, en tant qu'entrepreneur, avait un compte en dollars à la Banque Nationale de Crédit (BNC) dans lequel il avait 5 millions de dollars.

 Les agents de l'UCREF ont écrit un rapport indiquant que Moise, qui doit entrer en fonction le 7 février, manipulait des fonds qui n'étaient pas justifiés par ses activités commerciales, suggérant du coup que ce dernier pourrait être impliqué dans le blanchiment d'argent.

 Cependant, dans un certificat remis à Jovenel Moise le 10 janvier, la BNC a confirmé que le compte était en gourde haïtienne non pas en dollars américains, ce qui signifie que les 5 millions mentionnés étaient 5 millions de gourdes (environ 73, 000 $US) et non 5 millions de dollars.

 "Je rejette catégoriquement toutes les allégations présentées par l'UCREF et qui sont basées sur de fausses prémisses", a déclaré Jovenel Moise appelant les autorités judiciaires compétentes à assumer leur responsabilité.

 Entre-temps, quatre sénateurs farouchement opposés au président élu ont écrit au président du Sénat pour lui demander de s'abstenir de permettre à Moise de prêter le serment constitutionnel devant l'Assemblée nationale jusqu'à ce que les autorités judiciaires concluent sur les accusations portées contre l'entrepreneur devenu politicien.

 "Nous croyons qu'il est essentiel que Jovenel Moise soit blanchi par les autorités judiciaires avant de pouvoir comparaître par-devant nous pour être assermenté", a déclaré Evalière Beauplan, l'un des quatre sénateurs qui ont envoyé la lettre au bureau du sénat.

 "Nous ne pouvons permettre à quelqu'un qui est élu président de prendre le pouvoir sans que le dossier de blanchiment d'argent qui le concerne ne soit préalablement résolu," a expliqué Beauplan.

 Jovenel Moise, qui a été choisi par l'ancien président Michel Martelly pour être le candidat de son parti TET Kale, a déclaré que les accusations étaient motivées par des intérêts politiques

 "C'est une manœuvre politique", a-t-il dit. "C'est une forme de chantage au moment où nous sommes sur le point de former le gouvernement," a-t-il indiqué. "Puisqu'ils ont prétendu que je n'ai pas gagné les élections..., maintenant ils se battent pour s'assurer qu'ils contrôlent toujours le pouvoir", a déclaré Moise à HCNN.

 Jovenel Moise a expliqué qu'il est un entrepreneur qui travaille assidûment  et que toutes les activités commerciales qu'il a entreprises étaient possibles grâce aux prêts contractés auprès des banques haïtiennes au cours des 20 dernières années.

 "J'ai commencé à zéro, mais j'ai toujours agi avec honnêteté et intégrité", a-t-il dit.

 "Je ne permettrai à personne de ternir ma réputation. Mes avocats et moi-même travaillons pour nous assurer que des réparations adéquates sont obtenues", a expliqué Moise, déclarant qu'il était convaincu que justice sera faite.

 

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